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Nous avons rencontré Kali pour vous. Voici en exclusivité la conversation que nous avons eue avec elle :
Avigora | De quelle façon votre don s’est-il manifesté la première fois ?
Kali | Etant petite, je me suis toujours su différente des autres enfants, qui savaient d’ailleurs que je n’étais pas comme eux. C’est à l’âge de cinq ans que j’ai commencé à ressentir certaines choses en présence et à l’écoute de la voix de mes proches. Lorsque j’avais six ans, j’ai rencontré une dame dans la rue et ai pressenti qu’elle allait mourir sous peu. Maman ne m’a pas cru – elle ne croit toujours pas en la réalité de mon don – mais ma prédiction s’est malheureusement révélée exacte.
Avigora | Pouvez-vous prévoir les moments où les flashs arrivent ?
Kali | Le mot « flash » n’est pas adéquat pour décrire ce que j’éprouve. Il s’agit plus exactement d’une sensation, sous la forme d’un parfum, d’une image ou de symboles, qui m’apparaissent lorsque j’entends la voix de mon interlocuteur, et qui me permettent de savoir ce que l’avenir lui réserve. En outre, de nombreuses images me viennent en rêve et se trouvent être des prédictions d’événements futurs. Lorsque je ne souhaite pas ressentir ces images, il m’est possible, à présent que je suis adulte, de fermer ce que j’appelle la « petite porte ». Cela m’était impossible étant plus jeune, ce qui me causait un certains désagréments, comme lorsque je voyais l’avenir de la caissière de mon supermarché !
Avigora | Utilisez-vous des supports lors de vos consultations ?
Kali | La voix de mon consultant est mon seul support. Je suis en effet médium auditive. Il m’arrive de travailler sur photo mais je ne le fais que très rarement.
Avigora | Avez-vous des conseils à donner pour préparer une bonne consultation avec vous ?
Kali | Aucune préparation n’est nécessaire. Il faut simplement être honnête avec moi, comme je le suis avec chacun de mes clients, et ne pas considérer la voyance comme un jeu. Je tiens également à souligner que je suis un médium, et ne suis pas qualifiée pour jouer le rôle d’un psychothérapeute ou d’un coach. Ainsi, je suis bien dépourvue lorsqu’une personne m’appelle et sollicite mon conseil quant à ce qu’elle devrait dire à son bien-aimé. Mes clients savent le plus souvent se fonder sur ce que je vois pour prendre leurs propres décisions et devenir acteurs de leur propre vie.
Avigora | Pour quelles raisons vous consulte-t-on le plus souvent ?
Kali | De nombreuses personnes sont actuellement préoccupées par la situation de leurs finances personnelles, mais la majorité des questions de mes clients relèvent du domaine affectif. Nous vivons dans une société excessivement individualiste, où le manque d’amour est source de désarroi. Je suis également chaman.
Le chamanisme est pour moi une philosophie de vie, et naît de ma relation avec la nature, les plantes et les animaux, ainsi que de mon héritage familial. Ma grand-mère et mon oncle soignaient avec les plantes. Ils m’ont transmis leurs dons avant de nous quitter.
Avigora | Avez-vous déjà réalisé des choses extraordinaires ?
Kali | Cet adjectif m’est cher, car certains de mes clients qualifient mes dons de la sorte. Je ne suis qu’une jeune femme, investie toutefois d’une clairvoyance dont je me sers pour aider les autres et moi-même.
Une chose « extraordinaire » me vient à l’esprit, à titre d’exemple. Lorsque mon ex-compagnon, qui était dans les commandos et qui a fait les guerres d’Irak et d’Afghanistan, me parlait au téléphone, je lui décrivais des lieux et des scènes qui se produiraient plus tard. En ces occurrences, j’avais la sensation de vivre ce qu’il vivait. Autrefois incrédule et cartésien, il a progressivement admis la réalité de mon don. Je pense lui avoir évité à maintes reprises le danger.
Avigora | Il arrive parfois que certaines personnes soient déçues après une consultation, à quoi l’attribuez-vous et vous arrive-t-il de vous tromper ?
Kali | Tous les médiums vous le diront : notre don ne nous permet pas de déterminer les dates des événements que nous pressentons avec beaucoup d’exactitude, et il m’arrive parfois de me tromper.
A contrario, certaines personnes peuvent être déçues par mon choix d’énoncer ce que je perçois avec honnêteté, et sans complaisance, malgré les mauvaises surprises et les grands malheurs que l’avenir peut réserver à chacun d’entre nous. Je m’efforce cependant de révéler les auspices défavorables avec diplomatie. Quoi qu’il en soit, je me refuse de cacher ce que l’avenir peut réserver de négatif, au risque de décevoir mes clients.
Il ne m’est jamais encore arrivé de ne pas capter une personne, mais il se peut que je ressente que ses énergies ne me semblent pas en adéquation avec mon travail. Dans ce cas, je me vois contrainte de mettre fin à la conversation.
Avigora | Qu’aimez-vous le plus dans votre métier ? Et le moins ?
Kali | J’aime particulièrement aider les autres, et permettre à mes clients de terminer la consultation avec un cœur plus léger, confiants dans la connaissance de leur avenir. Partager mes facultés avec les personnes qui ont besoin de mon aide me permet également d’alléger la charge spirituelle que représente ce don.
Ce métier impose cependant de se résigner à ne pas voir ses capacités reconnues par la société, à la différence, par exemple, d’une infirmière ou d’un médecin.
En outre, je réprouve le comportement de ceux qui se disent médium ou magnétiseur et qui abusent du désarroi des plus faibles.
Avigora | Pouvez-vous faire des « auto-prédictions » ?
Kali | J’ai appris à vivre avec mon don, qui ne cesse cependant de me surprendre. J’ai mis longtemps à l’accepter et à m’en servir. Je sais ce qui va m’arriver lorsque je prends ma voiture, par exemple : mes ressentis ne me trompent jamais. Je parviens tout particulièrement à voir l’âge que j’aurai lorsque je quitterai ce monde.
Avigora | Que pensent vos proches de votre activité ? Pouvez-vous exercer votre don sur eux ?
Kali | Ce don me vient de la branche paternelle de ma famille. Mon oncle l’avait également, ainsi que ma grand mère. Cela a longtemps été tabou dans notre famille. Mon frère et ma sœur y croient, mais leur esprit scientifique éprouve de la difficulté à l’accepter, bien que je leur aie énoncé des prédictions qui se sont révélées vraies. Leur réaction s’explique sans doute par la peur de l’inconnu. Mais je ne dis jamais que je suis médium à mon entourage ou à mes amis. Je préfère ne pas en parler avec eux..
Avigora | Pouvez-vous nous décrire votre journée type ?
Kali | Je me lève très tôt, et commence chaque journée par une longue promenade avec mes animaux en forêt. Je pratique ensuite le yoga tibétain et la méditation. Je me plais ensuite, au cours de l’après-midi, à pratiquer mon autre passion, la musique. Je joue du piano, de l’accordéon chromatique et du sitar. Je dédie également une part importante de mon temps à mes activités bénévoles au sein de diverses associations caritatives auprès d’enfants malades. Les clients de mon activité médiumnique (exercée uniquement sur Avigora) m’appellent le soir, entre 19 heures et 23 heures.
Avigora | À part la voyance, quelles sont vos autres passions dans la vie ?
Kali | Outre la musique, j’adore les enfants, et ai la chance de pouvoir apporter du réconfort aux enfants malades et autistes au sein des associations dont je suis membre. J’ai été particulièrement touchée le jour où un enfant malade, en écoutant une mélodie que je jouais, m’a dit : « les notes s’aiment ». Est-il possible de mieux définir l’harmonie ?
Je me permets également de dédier cette interview au petit Antoine, qui nous a quitté avant l’heure. C’est grâce à cette petite âme, que je bénis chaque jour, et qu’il m’a été donné de rencontrer une nuit d’automne, que je suis là aujourd’hui pour aider tous ceux qui souffrent du corps et de l’âme. Tu vois, Antoine, si tu regardes de la haut, j’ai tenu ma promesse.
Avigora | Si vous n’étiez pas voyant, que feriez-vous ?
Kali | Je m’investirais sans doute à temps plein dans une action humanitaire.
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